Fantasme d’un amour absent
Il m'apparaît doux dans sa veste de lin, je vois un visage puissant et fragile,
Je le suis du regard, il est sur le quai du Rhône et se tient à une rambarde grise
Mon désir est de m'approcher de lui pour en faire le héros de ma poésie,
Je lève mon visage vers la lune qui en est ravie, et lui demande un signe
Sa lumière se répand sur moi et enrobe ma plume d'une puissante énergie,
J'intègre cet inconnu dans mon livre, uniquement pour le brûler de mon désir
J'oblige le hasard à faire trembler la terre autant de fois que mon cœur palpite,
D'un geste puissant j'écarte l'obscurité pour pouvoir m'avancer vers lui
Nos êtres se rapprochent et l'absurdité nous consume pour nous envahit,
Sans nous connaître nous nous défions dans une solitude qui nous a meurtris
Je franchis la fantaisie et me lance dans ses bras nonchalants pour me blottir,
Abasourdi, il me prend au creux de ses bras pour tirer le rideau de nos vies
Lucy
Libre de mon destin
Une pierre précieuse gît sur une route ébréchée où un corbeau la piétine,
Elle perd son éclat et s'engouffre dans les racines d'un pêcher
Je me penche et prends dans mes doigts les débris de cette cornaline,
Amoureuse de la terre, elle happe les racines résineuses prêtes à l'aider
Immuable terre organique qui offre à cette pierre ses entrailles de vie,
Je voyage seule pour découvrir le germe de ma féconde destinée
Je provoque des guerres médiatiques pour exprimer mes thèmes poétiques,
Des vautours piétinent mes mots et mes lettres voltigent dans des pieds de nez
Je marche nu-pieds sur ma route, consciente qu'une variété de regards me suit,
Je suis libre dans mon destin, par surcroît poétesse dans mes vérités
Savoir humer la terre dans de multiples évènements dus à ma philosophie,
Et être une pierre de cornaline, que la mer submergera pour la noyer
Lucy
Ma peinture vibration marine
Mon état d'esprit vibre sur les vagues que je sonde profondément,
Ma métaphore est de muter mon esprit dans des fresques impressionnantes
Ma collection me contraint à travailler savamment avec puissance ma garance,
La lumière fait disparaître mon abattement dans des reliefs plus grands
Chaque coup de pinceau est une mutation vers des éclats très insolents,
J'étudie les ombres colorées dans mon onirisme avec des doutes incessants
Une pâte travaillée au couteau sur toute la surface de ma toile m'enchante,
Ma source d'inspiration vient d'un don que je vénère depuis ma naissance
Avec vigueur, j'interprète mes couleurs dans mon esprit en planant,
De subtiles variations de noirs, de rouges, de bruns et d’ocres étonnants
L'impressionnisme inspecte les volumes et les coloris de mon inconscient
La poésie est la création d'une vision particulière liée à mes sens étourdissants
Lucy
Un CH'TIMI de DANY BOON
Ma photo du bord de Rhône
C'est un jour comme cela en recherche de je- ne- sais- quoi, de je- ne- sais- qui,
Une balade nonchalante vers le mystère de cette eau si glauque et si verte
Une idée envahit mes sens et me fait dire que la vie est belle sans chaumière,
Je m'assois avec prudence sur le rebord du quai, où je vois passer un ch'timi
Tu fais du cinéma, tu es un ch'timi de Dany Boon et ton patois est comique,
J'eus le mot magique, car à ma stupéfaction, il se tourne la bave aux lèvres
Dégoûtée, mes mains cachent mon visage, car je vois le monde à l'envers,
Je lève les yeux pour quérir une note romantique dans mon ciel en lyre
Je prends le risque de crier en verve pour calibrer un instant de ma vie,
C'est la ruine de mon moral de voir le Parthénon devant moi à l'envers
Je vois un malotru en recherche de drague, le col de chemise crotté de vers,
Je me lève prestement des quais du Rhône pour vous écrire ce soir mes rimes
Lucy
Ma bagnole de rêve
Ma contemplation me fige, je tisse une relation avec cette Traction si belle,
Son admirable carrosserie enténèbre mes pensées de la squatter pour un instant
Elle tousse grassement et fait ronfler son moteur pour se confier à sa manière,
Je veux avec joie biffer ma vie et partir avec elle pour la route vers le levant
Elle aime s’abreuver d’essence et dialogue pour faire bouger les sièges,
Je me plante devant ses feux et lui demande de partir avec moi en vacances
Ses phares jettent un regard circulaire, je cours autour d’elle très inquiète,
Je veux partir avec elle puis tire sur la portière pour m’installer au volant
La poignée grince, je surmonte une appréhension que j’assume très fière,
La porte se détache avec violence au grand soulagement de ma pauvre charpente
Mon objectivité m’incite à demander au véhicule d’amorcer la première vitesse,
Je m’aperçois qu’elle ne peut rien ne faire, le volant est incurvé de l'avant
En fait, mes arguments sur ces vers me sont inspirés par cette voiture si vieille,
Une causerie avec elle m'incite à écrire une histoire un peu extravagante
J’aime les voitures de courses, les rallyes et la vitesse ne m'est pas étrangère
Je réfléchis sur cette auto au langage attendrissant dans mon poème étrange
Lucy
Saleté de vie pour lui
Un regard tristement angoissé en passant, sur cette vie qui la malmené,
Un ciel menaçant gronde de rage puis le couvre délicatement pour le protéger
Chienne de vie pour les sans- emploi et les jeunes qui s'écroulent terrassés,
Bravo, et coup de sifflet pour les sociétés à fric qui ne veulent pas les embaucher
Quel est l'avis des fricards, et des passants pressés qui n'osent pas l'approcher,
Faut-il que son cœur s'arrête de battre pour qu'ils puissent le regarder
Triste vie pour ce garçon auquel je suis allée rendre visite le premier jour de l'été,
Un Frigidaire vide, un petit chat apeuré et une solitude que j'ai du mal à accepter
La société est un assassin seulement pour ceux dont le visa est dépassé,
Certains autres se suicident car dans leurs emplois ils sont harcelés
Une éponge, ou de la peinture blanche pour les effacer, écroulés sur le pavé,
Où allons-nous dans ces emplois où nous sommes nous-mêmes menacés ?
Faut-il se masquer le visage pour avoir une conscience pure et non altérée,
Il y a toujours de plus en plus de nuits dans leurs vies qui se trouve matraquée
Une ambulance active ses sirènes dans cet endroit sinistre pour le ramasser
Les badauds attardés prennent le temps de s'arrêter pour attiser leurs curiosités
Lucy
La violente clarté
Perpendiculaire et instable dans ma position, je fixe la lumière éclatante,
Regard ébloui, et appareil photo en main, je crains d'écouter le vent
Je scrute avec insistance cette maison avec un zèle minutieux et déconcertant,
Quel est le mystère insolant qui colle à ce béton grisâtre fissuré par le temps
Les fenêtres hautes grincent au souffle Léger d'un vent insidieux et mécontent
Je sens un silence lourd dans cette maison réhabilitée par ses défaillances
Ses volets bleus attisent les contrefaçons du béton grincheux et peu avenant,
Mais pourquoi la décortiquer pour traverser ses murs vibrants au temps
La joie au cœur je suis fière d’avoir observé cette maison dans ma conscience,
Ses fantômes me suivent lentement, leurs pas sont lourds sur le gravier crissant
Je les cerne et la rue me protège dans l’avenue où les amoureux s’épanchent,
Criard, le maraîcher fait la promotion de ses légumes à un prix exorbitant
Lucy
Mal à crever
Elle se terre dans un métro, car la drogue est sa faiblesse,
L’ambiance de faïences blanches l’emprisonne, le noir est absent
La rouille attaque son cœur et ensevelit ses plaintes pour la jeter à terre,
Les vers seront dans ses vêtements si elle ne se relève pas à temps
Elle est seule dans son malheur et mon regard se tourne vers elle,
Je l'observe plus loin et je vois son désespoir la saisir au-dedans
Mon Dieu, lui dis-je, aide- moi à saisir ton secret, si jeune tu es,
Je me reconnais en elle, adolescente dans cet espace froid et blanc
Incohérente dans son comportement, j’essaie de tuer sa tristesse,
Tant qu’il pleuvra dans la poitrine des enfants mon cœur sera gémissant
Assise près d’elle à terre, je sens un état de violence et de haine
Je chante doucement à son oreille et l’écho me berce comme une enfant
Lucy
Décisions du jour
Prendre des ailes multidimensionnelles pour filer très vite en ville me balader,
Saisir mon sac à dos bourré de trèfles à quatre feuilles pour manigancer ma journée
Tenter d’oublier cette spiritualité démesurée non reçue, qui écrase mes années,
Me parfumer d’ambre pour affoler les affluences qui me suivent dans la foulée
Envelopper avec soin mon bonheur qui jamais ne s'éteint dans ma robe chiffonnée,
Prendre mon ordinateur pour le cacher dans un endroit où l'accès sera fermé
Rayer ce qui m'emprisonne, et permettre à ma vie des règles évidentes pour créer
Dire non à des fadaises et toutes phrases mal comprises pour ne pas me faire invectiver
Ne plus pleurer sur des vacances non prises depuis des années, une éternité,
Foncer sur mon Art maintenant que mon manuscrit est en voie d’être publié
Compter sur mes doigts les invitations de ma rare famille pour m’aérer cet été,
Ne pas éteindre mon bonheur dans le voyage de mon esprit qui me poussent à créer
Ma folie de l’instant est mon clavier où je pianote pour vous offrir mes pensées,
Je vais me balader, et m’offrir un ciné ou une sortie que je veux déjantée
M’asseoir à une terrasse, ou suivre les gens pour faire des croquis sur mon cahier
Accompagnée ou isolée, je suis loin d’abandonner, car mon destin est mon calendrier
Lucy
La porte celée
Un silence spectral entoure de mystère ce mur blanchi,
Le dos collé au mur, j’observe avec méfiance les alentours
J’entends le souffle de mon espérance geindre avec ennui,
Une porte celée contrecarre mon envie d’attendre son amour
Un ciel lourd adoucit le contour de cette demeure vide,
J’entends avec délice un chant langoureux venir de la route
Je m’extirpe, assoupie contre ce mur fade à l’allure indéfinie,
Et force les serrures rouillées de cette porte sans pourtour
Au regard de ma vie mais qu'est-ce que je fais ici,
À l’attendre en vain vers ce lieu peuplé de cris de coucous
Je repars par la route désertique où les demeures se figent,
En courant, je chante ma liberté de mes amours sans tabou
Le silence est flagrant dans ce village aux contours aplatis,
Une seule demeure attire mon regard assombri par son retour
Je cavale en flèche vers mon lendemain et retourne dans mon nid,
Là où j’élève mes ambitions et les interprète dans mes rêves les plus fous
Lucy
Le remous des invisibles
Une sinistre ambiance règne en maître sur ce port jonché de détritus,
Ma marche est difficile, je roule sur les cailloux où je sens une présence
L'agonie d'un épervier traverse les airs, il tombe en piqué sur un rocher pointu,
Mes yeux brûlent, j’entends le hululement des oiseaux nocturnes dans le néant
Je suis perdue sur cette terre sans patrie, mon cœur geint, je tombe et culbute
Je rentre dans une nuée bleutée de compassion, je souffre de mes pieds en sang.
Des formes tournoient dans les nuages nocturnes privés de silhouettes impures,
Elles me narguent, et m'envoient leurs ombres ténues qui percutent les vents
Je m'assieds sur la terre, bien décidée à affronter ces éléments où je chute,
L'odeur du soufre dans l'aurore de ce port, active ma plume sur l'île montante
Une licorne surgit et trempe sa corne dans une flaque boueuse et accrue,
Je me lève agitant les bras vers l'univers en hurlant halte à ce ciel dément.
L'espoir fait surgir une gazelle qui se couche près de moi et me conte sa venue,
Passagère à mes yeux éblouis, son élégance de couleur sable m'enchante
Des oiseaux du ciel piquent vers nous pour écouter mon histoire déchue,
À vivre pour les passionnés de lettres, pour écrire leur vie en roman
Lucy
Gospel Night
Entendre sa voix.
Dans mon long trajet, au vent du matin, je crie,
Pèlerin, je t'en pris, arrête ta marche, engage-moi
Au son sonore des trompettes passe un roi,
Viens, tu es ma courtisane, j'ai affaire avec toi !
Dans la ville, au soleil endormi, je guette,
Villageois s'il te plaît, ouvre ta porte, engage-moi
Alourdit par sa charge d'or, le marchand s'avance vers moi,
Viens, tu es mon associée, je te veux riche, tu as le choix
Que faire de cette richesse, je détourne mon regard,
Dans le jardin couleur d'amour, j'attend sous une fenêtre
Je crie, vieille homme, ouvre ta croisée, engage-moi,
Je vois un regard sombre apparaître dans toute sa beauté
Je te prends pour chevalière, ton sourire me plait,
Il est vieux, je détourne mon regard.
Sur une plage de sable doré de lune, j'écoute la chanson de la nuit,
Je filtre le sable entre mes doigts, un enfant me regarde et sourit
Viens, je t'engage sans rien en échange, car je suis là pour toi,
Je tourne doucement mon visage sur lui, et mes larmes coulent d'émois
Une fine brise me pousse vers cet ange nimbé de joie
Lucy
Tes vagues d'éternité
Vers d’autres continents, là, où mon âme s'abrite,
J'entends le flot de tes vagues ronfler doucement dans mon esprit
J’entrevois les monts lointains, et distingue la solitude de cette barque si petite
Je cerne les ombres tout là-bas, où je me blottis toute contrite
Le flamboiement de tes multiples teintes de bleu, attire mon regard critique,
Ton île en moi me suffit, je te peins et te modèle à ma guise
Ta brume en bouquet débordant, dans un ciel souverain n'est pas sinistre,
Tu es mon émerveillement, et la création de mes nuits en folies
Je marche sur tes galets, et capte le cri des mouettes qui s'enfuient,
À l'horizon du lit de la mer, tes éléments sont une ultime alchimie
Un vent violent me souffle à l'oreille la puissance de ton Dieu unique,
Tes vagues bercent mon ciel, et dissimulent l'horizon sur ma palette de gris.
Lucy
Le ciel de ma ville
Je lève le visage pour regarder les étoiles,
Il est tard, et quelque part, je vois ton sourire
Je recherche parmi cet espace un instant de vie,
Un simple message transformé en poésie
Je capte ton regard a porté du tracé des nuages,
Ma ville ce soir est sombre, mais un feu de joie me remplit
Mon histoire n'est pas banale, et florissante pour l'avenir,
Au-delà des buissons, les ombres effacent des silhouettes furtives
Poussé par un vent violent, je griffonne sur mon cahier ou la pluie s'étale
Je vois des teintes de terres rouges, et bleuies dans mon esprit,
Des arbres élèvent leurs chants vers mes écrits qui se réjouissent
Le plus beau est le ciel de ma ville, tout là-haut vers l'étoile qui brille
Lucy
Cœur enterré
Si tu n'as pas répondu à l'appel de la nature,
Le grondement des nuages furieux couvrira ton azur
Sur ton être désertique, je souffle sur tes lèvres
ternies,
Tu me glaces de ton regard vide pour me faire souffrir
Protégée d'une immense nuée, la sagesse me met à nu,
Tu rêves d'amour, de harpe, et d'épée, car tu es
immature
J'enterre mon cœur, peiné et froissé, vers l'arbre de vie,
Mon amour, aride et desséché reprend sa liberté en esprit
Tu surgis de ma nuit, enserré d'une racine qui s'incruste sur ton buste
Ta poitrine luit, et ton regard fuit sous la lune incrédule
Tu te caches tel un loup contrit pour t'assouvir de tes délits,
Je ne te cherche plus, une bourrasque me projette vers un nid de pies
Je m'entoure de laurier desséché et trébuche sur un talus
Pourquoi cette misère cachée me fait pleurer dans la brume ?
Je veux gagner l'univers et le professe dans un sourire ravi,
En fait, je toucherais au fruit défendu, vers une rivière tranquille
Lucy
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