Amour d’un autre âge
Un son d’alto parvient aux oreilles de cette femme vêtue d’une robe de cotonnade,
Dans sa marche sur un sentier hivernal et pluvieux, elle veut savoir pourquoi elle se découvre là
Elle court vers une voix de ténor, et distingue un bûcheron qui se dresse fièrement à sa vue,
D’une voix de soprano, il chante puissamment, et fait frémir la forêt sur une note imprévue
Un vent léger souffle sur son visage, elle sent une douceur de bien-être la faire frissonner,
Cet homme la rend songeuse, d’une démarche de gazelle, elle le rejoint et lui offre un sourire très léger
La forêt frémit de plaisir et les genets se mettent au garde- à- vous devant ce couple fabuleux
Le bois d’un vert tendre sombre et mousseux rappelle ces peintres anciens ou les cerfs bondissaient entre deux vallées
L'homme s’avance vers la demoiselle et gêné de se sentir observé, il jette sa hache à terre et la regarde désorienté
L’imaginable se passe autour des sapins et des bruyères, leurs deux corps tombent à terre foudroyés par un amour endiablé
Le temps est au ralenti et glacé dans ce haut lieu, pour ces deux êtres dont la passion d'un autre siècle vient de naître
Je regarde ma robe de bure et continue d'écrire pour vous dire que ce n'est pas un rêve
Lucy
Boulevardière et nomade
Ses rideaux fermés, elle vacille contre ses armoiries d’un autre âge,
Une nuit blanche passée à écrire quelle crève sur cette terre
D’un geste violent, elle revient en début de ses phrases,
L’aile de son ange s’abat sur ce mot interdit pour son texte
Une odeur l’embaume d’un parfum d’automne filtré par ses vitrages,
Elle a l'air inquiète, car ses œuvres sont prêtes à voyager pour le succès
Sa vie passe avec l’espoir d’écraser ceux qui lui barrent le passage,
Elle veut prouver qu'elle a réussi à se faire connaître sur cette terre
Son zèle lui fait annuler son personnage écrit dans ses marges,
Elle veut couvrir de blanc les vétilles de ses vers qui veulent être son maître
Le temps qui jamais ne s’arrête déroule ses tâches sur les marches de son âme,
Ses nobles aspirations la conduisent dans une solitude de recherche
Elle est boulevardière, mais veut rester une nomade dans son âme,
Son chemin se parsème de fleurs, elle se baisse, car elle les aime
Elle appréhende les lendemains, curieuse de se sentir en joie,
Toutes ses ambitions sont portées vers l’amour sondé dans ses poèmes
Lucy
Amour d'éternité
Je suis la pluie dans tes cheveux,
Je suis le vent pour les sécher
Je suis la mémoire de tes yeux,
Je suis le rire et toi l'arbre enchanté
Je tire les branches d'un arbre creux,
Pour te séduire, douceur d'aimer
Je te regarde comme une aveugle,
Ma plume se brise sur mon passé
La mouette danse dans le bleu des cieux,
Je pense au silence de nos plaisirs espérés
Dans nos têtes ingénues, un scalpel insidieux,
Brise nos vies d'une union déchirée
Dans le firmament, j'ai fait le rêve
De laisser mes lettres d'amour dans un fossé
La lumière du destin brisa ce voeu,
Tu m'as quittée, car ton âme s'est envolée
Lucy
Un soir sans miracle
C'est un soir comme ça, sans abois, sans miracle,
Cherchant mes forces et mes moyens
Au hasard de la rue, au hasard des chemins.
J'écoute ma foi, j'entends des voix, je crois en toi
Je te côtoie et ne remarque pas ton sourire narquois
Tu te ceignis de ma vie en cabrant les reins,
Je cligne des yeux devant le réverbère éteint
Et je cherche l'endroit pour crier mon désarroi.
Et c'est toi, ce n'est pas moi sans toi, c'est comme ça,
Une prison douce pour te remettre sur le chemin.
Tu te nourrissais dans ma cage, je l'ai refermé en vain
Tu n'as pas d'amour, tu tiens le mât uniquement pour toi
C'est un soir comme ça, sans abri sans miracle,
Je glisse vers toi sur un fil pour te porter un coeur de lin
Matière pure, dont tu vas te servir pour nettoyer ton visage fin.
C'est fini, tu disparais dans mes souvenirs, je pleure sans toi.
Lucy
Mystère de la réincarnation
De lui à elle, une rencontre en chassé-croisé sur un parchemin déchiré,
Peu importe de décrypter le mystère de cet écrit d'une époque révolue
Ils se voient, indécis et persuadés de se reconnaître d'un passé éloigné,
Un sourire, une incertitude les réunissent dans un flou imprévu
Elle lui dit ne pas pouvoir éviter leurs destinées programmées,
Il est abasourdi de la reconnaître dans cette vie, où l'éternité l'a déplacée à sa vue
Il se détourne confus et observe les étoiles pour éviter l'ambiguïté;
C'est bien la créature qui bouleverse ses songes dans un brouillard diffus
L'immensité les entoure et embrume leurs pensées qu'ils veulent préserver;
Leurs silhouettes se juxtaposent dans l'éther invisible où ils ne se quittent plus
Une rencontre mystérieuse propulsée par une hiérarchie sacrée;
Coïncidence devineresse d'un retour de frontière où ils ne se quitteront plus
Lucy
La porte celée
Un silence spectral entoure de mystère ce mur blanchi,
Le dos collé au mur, j’observe avec méfiance les alentours
J’entends le souffle de mon espérance geindre avec ennui,
Une porte celée contrecarre mon envie d’attendre son amour
Un ciel lourd adoucit le contour de cette demeure vide,
J’entends avec délice un chant langoureux venir de la route
Je m’extirpe, assoupie contre ce mur fade à l’allure indéfinie,
Et force les serrures rouillées de cette porte sans pourtour
Au regard de ma vie mais qu'est-ce que je fais ici,
À l’attendre en vain vers ce lieu peuplé de cris de coucous
Je repars par la route désertique où les demeures se figent,
En courant, je chante ma liberté de mes amours sans tabou
Le silence est flagrant dans ce village aux contours aplatis,
Une seule demeure attire mon regard assombri par son retour
Je cavale en flèche vers mon lendemain et retourne dans mon nid,
Là où j’élève mes ambitions et les interprète dans mes rêves les plus fous
Lucy
Mon Polar
Je le vois marcher devant moi, il ressemble à un gros matou gris,
Il bredouille des mots doux à un pigeon qui se pose à ses pieds
Il ne tient pas la route, il est là, défaitiste et mal fringué,
Apitoyée, je sors de ma poche une flûte où les sons s'élèvent en harmonie
Je glisse doucement sur un nuage satiné tout près de lui,
Je scrute son visage marbré par la rue qui est son adresse préférée
Je le situe dans mon monde où je le classe dans mes désespérés,
Mûrie par la vie, je l'écoute de l'extérieur pour le cacher dans mes écrits
Je me sens chargée d'une responsabilité où je le valorise,
Le sol est un lieu de confidence pour lui qui se sent rejeté
Je saisis la brume du matin et voile mes yeux pour ne pas l'aimer,
Avec mon mascara, je gribouille à terre un violon pour lui
Devant moi, il se courbe et m'offre une poignée de sa vie,
Je prends des notes où la pluie tombe sur mes mots éclatés
Il me saisit la main, étonnée, pour un baiser prolongé,
Je murmure en catimini, un refrain vibrant qui le fait rire
Je me souviens du temps de ma bohème où je marchais nus pieds avec des rires,
Mon chevalet planté sur les chemins, je vendais mes toiles déjantées
J'ai connu ces gens perdues dans leurs vies et je les ai toujours aidés,
Ma peinture s'harmonise par de belles pensées qui embellissent ma vie
Vous ne verrez pas le visage de cet homme, je suis partie, ma poésie est finie.
Lucy
Art désertique
Une ondulation de blanc et de noir dans mon esprit original et anxieux,
Je vois effarée, la colline sous mon château basculer dans les airs
Une sensation étouffante enveloppe mes sens affûtés au camaïeu,
J'apostrophe mon pinceau pour cacher les couleurs à vos yeux, sans succès
Je m'oppose au contraire dans mes créations mystérieuses,
L'essence des particules naissantes se détend dans l'atmosphère
Mon blanc s'étale langoureusement sur le sentier bien présent à mes yeux,
Sûre d'éloigner de ma palette tous ces intrus de gris et de noirs éphémères
Mon itinéraire est un chemin d'évasion dans mon sanctuaire d'orangé et de feu,
Je fuis l'amour dans mes rêves et ses contraires
Qui va m'entendre aujourd'hui où je me sens comme une danseuse silencieuse,
Le blanc et le noir pour m'entourer de tendresse dans mon monde en retrait
Lucy
Effacé de blanc et de noir
Une note heureuse de couleurs
En fait, la notion des teintes n'existe que dans nos sens,
Là où se trouvent le bonheur et les cris des chants des amoureux
Pas d'obsession pour cet état que je repousse toujours dans le temps,
Je me vois belle dans ses yeux où je chavire à ses mots langoureux
Mes vers sur l'amour sont une note qui m'éloigne à contresens dans le vent,
Comme un roseau agité par l'air, je tourne à tous les vents capricieux
J’aimerais m'envoler vers les collines et les champs toujours de l'avant,
Mes occupations m'attendent, je dis adieu à des rêves ambitieux
Je coule ma vie comme un torrent intarissable où se trouvent des diamants,
La rouille ne m'attaque pas, mais s'en est prise à mes souvenirs ternis à mes yeux
Des pierres précieuses ne sauraient effacer les souffrances d'adolescente,
En fait, à l'heure d'aujourd'hui, je pense tout avoir pour être heureuse
Lucy
L'esprit nul en puissance
Je regarde sous ma plume ce magicien déguisé en étoile du levant,
Il se dirige vers l'océan doré de lune pour entendre ses grondements
D'un geste majestueux, il court vers une crête pour dompter le temps,
Sa baguette de sorcier en main, il avance sur le sable en me défiant
D'une inspiration puissante, il souffle sur mes mots en maugréant,
Mauvais génie de notre époque dans les salons de voyance éclairés d'encens
Il fut un maître à escroquer les gens en désespoir et sans argent,
Et ne crache pas sur les euros des grands, et des familles en souffrance
Un idiot en puissance qui me bourre le Crane de ses revenants.
Je me plante devant lui et l'exhorte de cracher toute ma connaissance,
Ne pas éteindre les étoiles, et jeter ses prédications avec véhémence
Évoquer sur lui les ténèbres qu'il a engendrées en manipulant les gens.
Voir avec tristesse l’insurrection de l'absurde qui ne vient pas de l'intelligence
Violence de ma révolte contre ces agissements qui engendrent des souffrances
Je prends ma gomme et efface cette haine qui envahit mon subconscient,
Mes phrases disparaissent en geignant, je tourne le dos à ce manant
Lucye
Ivresse d'un soir
Comparable à l'ébène dans son écrin sauvage,
Elle s'élève en défiant la providence et l'espoir.
Elle voit un horizon rouge et sans voile
Le mur de sa vie aux longues enfilades
Elle s'écroule sur la rive où s'empreint son visage.
Pour l'aimer d'avantage il lui faut son regard
Et dissoudre son image dans une vapeur de nuage,
Essayer de le trouver, lui qui n'a pas d'âge.
Elle le couvre de son ombre le cherchant sur sa page,
Lui envoie son poème dans un accès de désespoir,
Le chercher en ce jour qui n'aura plus de soir
Joncher de verbes son désir dans sa mémoire
Transformer sa passion en une mort quelque part,
Partir sur un bateau ivre de leurs ébats...
Où le mât se fracasse dans une mer de miroir.
Elle joint les mains, car sans lui elle n'a plus de soir
Lucye
Cristal de roches au regard d'enfant
J'ai marché longtemps sans oser revenir,
À la recherche d'une amitié véritable et sensible
Je ramasse les embûches
Et les jettent à la terre,
Et les chardons ardents
S'empressent et les enserrent.
Rien n'altère l'amitié
Un sentiment qui n'est pas du papier.
Un remerciement comme l'odeur du printemps,
Ou le bruit des vagues de l'océan.
Comme un ciel à l'azur profond
Parsemé de poussière des vents,
Cristal de roche au regard d'enfants.
Envolée d’amour éparpillé avec révérence.
Lucye
Mon nu, création sans modèle.
Un voile se pose et frôle sa conscience,
Inconnaissable silhouette dans son indifférence
Vestige d'un passé qui se montre avec évidence,
Manifeste éveille dans l'esprit de son adolescence
Sa vie est un mystère, une philosophie en puissance,
Divine poésie , rayonnement de cette femme encore enfant
Coïncidence étrange d'une nature en pleins rayonnement
Une vérité dans son monde est confirmée pleinement
Perpétuellement en fuite du réel, elle se sait différente,
Ses pensées sont au-delà des esprits religieux en souffrance
Son succès défi les entendements quand elle se met en avant,
Elle a une aptitude à l'absolu, et sa bible est une évidence
Lucye
Première touche de peinture
Lucye
Mon avenir est l'espérance.
777
Le recommencement.
Âge de Lamek, père de Noé, lorsqu'il mourut. De la postérité de Seth, Lamek est le dernier patriarche avant le déluge. (Gn 5,31)
Le livre de la Genèse contient 777+777-(7+7+7) ou 1553 versets.
Ce nombre réunit les principes de l'homme, 700, les plans cosmiques, 70, et leur image dans l'Archétype, 7, selon R. Allendy. C'est l'organisation universelle, 7 + 7 + 7 = 21, l'évolution générale.
La beauté dans tous ses états
Un code magique aux brillants paysages
Envoûte mon corps d'une délicieuse senteur,
Percuté par le temps qui passe,
Le vent me caresse et m'entend
Je saisis dans ma main
Une pensée envolée,
Et la mets dans une bague aux contours ciselés
Je m'étends dans la rosée,
Qui s'échappe dans une nuée
Et ne cesse de s'évaporer
Un baiser au temps,
Un baiser au vent,
Je regarde le ciel, et j'attends
Je m'allonge et j'entends une mélodie enivrante,
Les coquelicots chantent et m'insuffle leurs chants
Je me roule dans les herbes comme une enfant,
Je saisis l'univers dans le regard des anges
Lucye
Un essai, peinture.
Je cafouille sur mon carreau de faïence,
En fait, les ombres dansent sur ma timidité
Loin de la lumière en plein air, elle a son authenticité,
Sa richesse, en teinte des feuillages, est languissante
Ah ! Mon beau printemps, enrobe de ta beauté ce silence,
Je ressens le couperet et la défiance dans son immobilité
Je suis meurtrie par l'opacité des verts, couleurs de blés,
Ma main l'effleure, car mon cœur s'élance en révérence.
Mes mots s'envolent dans des vents violents,
Un monde heureux pour les peintres en recherche de vérité
Tissé de blondes lumières, teintes de gris et de mauves mêlés,
Je rajouterais pour toi du bleu avec recueillement
Lucye.
Poésie imaginaire
L'ombre menace au bout des champs,
Mes couleurs se métamorphosent sur ma toile
La sève du sol est vivante et irradie mes mots,
Je regarde mon œuvre comme un livre d'images
La frontière de mon esprit me stop au bord de la rivière,
Le chemin cerne les blés, j'écoute ce léger vent autour de moi
Je ne ternirais pas ma montagne en feu tout là-bas,
Ma palette soupire, elle est sournoise me proposant le noir
Insolente couleur, Saccageuse de blés, je ne suis pas complice,
Mon pinceau tape à bout de bras, d'un léger souffle, je fige mes arbres
Mon noir s'agite avec rage sous les herbes devenues folles,
Je saisis la lumière en douceur, mon œuvre sens le printemps.
Lucye
Derniers Commentaires